Si vous avez commencé à vous renseigner sur la non-monogamie éthique, le polyamour ou les relations ouvertes, vous êtes forcément tombé sur un mot que tout le monde emploie et que presque personne ne définit : le libertinage.
Le terme est vague à dessein. En France, il recouvre à la fois une histoire littéraire du XVIIIe siècle, une pratique contemporaine très concrète, et une manière polie de dire les choses entre gens qui se comprennent. Pour les initiés, il est précis. Pour les autres, il ne veut pas dire grand-chose.
Voici ce qu'il recouvre réellement, sans détour.
La définition courte
Le libertinage désigne le fait, pour des adultes consentants, d'avoir des relations physiques en dehors du couple exclusif — le plus souvent avec leur partenaire, et non dans son dos. Le consentement de toutes les personnes concernées en est la condition, pas un détail.
C'est la distinction qui compte le plus, et celle que les gens de l'extérieur ratent systématiquement : le libertinage n'est pas l'infidélité. L'infidélité repose sur le mensonge. Le libertinage repose sur un accord. Les deux mettent en jeu plus de deux personnes ; une seule des deux implique de cacher quelque chose.
Ce que le mot recouvre vraiment
Le libertinage est un parapluie, et sous ce parapluie les pratiques varient énormément :
- L'échangisme — deux couples qui échangent de partenaires. Historiquement le cœur du milieu, et encore le premier mot qui vient à l'esprit du grand public.
- Le candaulisme — prendre du plaisir à voir son ou sa partenaire avec quelqu'un d'autre. Très répandu, rarement nommé en dehors du milieu.
- Le triolisme — à trois, dans une configuration ou une autre.
- Le soft et le hard — la distinction la plus structurante en pratique. Soft : les échanges s'arrêtent avant la pénétration. Hard : non. Les clubs et les soirées l'annoncent, et les profils aussi.
- Les soirées et les clubs — le libertinage a une géographie. Clubs, soirées privées, week-ends, lieux saisonniers comme le Cap d'Agde.
- Le libertinage solo — des célibataires, hommes et femmes, qui évoluent dans le milieu sans être en couple.
Personne ne pratique tout. La plupart des gens tiennent à une ou deux choses et laissent le reste aux autres, ce qui est exactement le fonctionnement normal.
Libertinage, polyamour, non-monogamie éthique : ce n'est pas la même chose
Les trois termes circulent ensemble et désignent des choses différentes.
La non-monogamie éthique (ENM) est le terme le plus large. Il englobe toute relation où plus de deux personnes sont impliquées, avec la conscience et le consentement de chacune. Le libertinage et le polyamour sont tous les deux dedans.
Le polyamour concerne des relations amoureuses multiples. Plusieurs attachements, souvent durables, souvent sentimentaux.
Le libertinage, dans son usage courant, concerne d'abord le physique. Beaucoup de couples libertins tiennent précisément à ce que l'attachement reste à l'intérieur du couple.
On peut passer de l'un à l'autre, et beaucoup le font. Mais quelqu'un qui dit « nous sommes libertins » ne dit pas la même chose que quelqu'un qui dit « je suis polyamoureux », et les confondre est le moyen le plus rapide de mal commencer une conversation.
Les règles, les accords, et pourquoi la distinction compte
Les couples qui durent dans le milieu parlent rarement de « règles ». Ils parlent d'accords.
Une règle est une interdiction posée à l'autre. Un accord est une décision prise ensemble, révisable, que l'on reprend quand la réalité ne correspond plus à ce qu'on avait imaginé.
Les accords les plus fréquents portent sur :
- Le lieu — chez soi ou jamais chez soi
- La présence — toujours ensemble, ou chacun de son côté
- Le contact après — numéros échangés ou non
- Le soft ou le hard
- Le droit de veto — et la question, toujours délicate, de savoir jusqu'où il s'exerce
Aucune de ces réponses n'est meilleure qu'une autre. Ce qui prédit la suite, ce n'est pas le contenu de l'accord, c'est la capacité à en reparler sans que cela tourne au procès.
La jalousie n'est pas un échec
C'est le malentendu le plus coûteux. Beaucoup de gens arrivent en pensant que ressentir de la jalousie prouve qu'ils ne sont « pas faits pour ça ».
La jalousie est une information, pas un verdict. Elle signale en général quelque chose de plus précis : une peur d'être remplacé, un besoin d'attention qui n'a pas été nommé, un accord qui ne tient plus. Les couples qui tiennent dans la durée ne sont pas ceux qui ne ressentent rien — ce sont ceux qui savent dire ce qu'ils ressentent avant que cela ne déborde.
Par où commencer, si vous êtes curieux
Trois choses, dans cet ordre.
Parlez avant de chercher. La conversation avec votre partenaire est le vrai premier pas, bien avant toute inscription. Si elle n'a pas eu lieu, rien d'autre ne tiendra.
Allez voir sans participer. Beaucoup de clubs ont des soirées d'observation. Regarder une fois dissipe plus de fantasmes et de craintes que des mois de lecture.
Avancez lentement, et plus lentement que prévu. Le milieu n'est pas pressé. Les gens qui y durent sont presque tous ceux qui ont pris leur temps au début.
Où Lustimacy se situe
Nous avons construit Lustimacy pour les gens dont il est question dans cet article : les couples qui explorent ensemble, et les célibataires ouverts qui savent déjà de quoi il retourne.
Concrètement, cela veut dire qu'un couple s'inscrit en couple, depuis un seul compte, et partage un profil unique — vous êtes vus comme un couple dès le premier swipe, sans second compte ni faux-semblant. Si vous êtes plus de deux, ou si vous avez déjà des comptes séparés, vous pouvez lier jusqu'à trois partenaires à votre profil : la connexion est visible, sans être partagée.
Et les photos privées restent privées : tant qu'il n'y a pas de match, nos serveurs n'envoient qu'une copie floutée de façon irréversible. L'original ne sort pas.